Oui, je sais que tu vas me trouver stupide, au fond de toi , ou peut être trop naïve, que je vais t'ennuyer, logique des fois je m'ennuie seule. & si je te disais, que j'ai peur, tu me croirais ? Tu sais, la vraie peur, cette terrible angoisse, cette terreur nue, celle qui te ronge & qui te fout le coeur en morceaux, comme du papier qu'on aurait trop froissé. J'ai peur de rien, & de tout. Le tout, c'est immense, indeterminable. Je peux dire que j'ai peur du temps, du futur, de l'amour & de moi , de moi. Le temps a une manière bien à lui de changer les choses. & Le futur. Cette chose immonde, innomable; ce futur me parait tellement incertain, changeant, fondé dangereusement sur des rêves abimés, déja en lambaux. " N'oublie pas l'éclat de nos rêves ". J'ai beau y croire en certains, ma lucidité me rattrape toujours & m'arrache à cette sorte de néant onirique dans lequel je me plonge, la nuit, le jour & lors de ces moments d'ennuies bien trop fréquents. & le futur, quand on y pense, c'est une échappatoire. C'est un voyage stable, inertique. Tu vois ce que je veux dire ? En réalité, les gens qui rêvent de futur, ne vivent pas . Ils sont dans une sorte de passivité dégeulasse. Ils attendent, je te l'ai déja dit, je hais les gens qui attendent. Ils ne vivent pas, & moi je veux vivre, je veux vivre.
" Tout semble tellement ephémére près de toi
tristesse et joie se mêlent sans cesse
&& ton envie de renouveau constant
qui te fait oublier tout autour de toi ".
Cette phrase, on me l'a dite hier. & j'en suis encore totalement surprise,
par sa veracité & sa beauté.